Série pédagogique — Comprendre l’EH
Financer la régénération du vivant par la création monétaire
L’écodotation (la distribution de monnaie indexée sur l’IED) constitue le premier mécanisme de création monétaire dans l’EH. Le second est dédié au financement direct d’activités qui améliorent l’état de l’exo-économie : les Projets Régénératifs (PR).
Le principe
Les Projets Régénératifs permettent la création de monnaie ex naturae pour financer des activités certifiées comme contribuant à la régénération du système biophysique — par exemple : la dépollution, la préservation de la biodiversité,la réduction des émissions polluantes ou encore la diminution de l’usage de ressources non renouvelables.
Il ne s’agit pas de subventions dans le cadre budgétaire existant, mais d’un canal spécifique de création monétaire conditionné à l’amélioration mesurable des indicateurs exo-économiques. Les Projets Régénératifs constituent le second mécanisme de création monétaire dans l’EH — mais la création n’intervient pas au début du projet. Elle intervient à la fin, et sous condition.
Le processus
Le processus est séquencé. Un porteur soumet un dossier à un organe certifiant : description, objectifs écologiques, durée, coût. Si le projet est certifié, il peut recevoir des investissements — mais ces investissements sont de la monnaie existante, mobilisée par des agents qui choisissent d’y affecter leurs encaisses. Aucune monnaie n’est créée à ce stade.
Pourquoi des agents investiraient-ils dans un tel projet ? Parce que dans un régime de monnaie fondante, conserver une épargne passive l’expose à une destruction progressive. Le PR est le seul actif exempté de fonte tant que les fonds restent immobilisés dans le projet. Investir dans un PR devient donc structurellement plus attractif que la rétention passive — non par rendement financier, mais par protection contre la fonte.
À l’issue du projet, si les résultats écologiques sont validés par l’organe de contrôle, l’investisseur est remboursé de son capital augmenté d’une plus-value — la remémoration. C’est cette remémoration, et elle seule, qui constitue la création monétaire. Si le projet échoue ou n’est que partiellement réalisé : remboursement au prorata, sans plus-value.
L’effet systémique est puissant : les PR améliorent les indicateurs exo-économiques, ce qui augmente mécaniquement l’IED, et donc les écodotations futures. Les deux mécanismes de création — écodotation et PR — sont complémentaires et mutuellement renforçants : l’écodotation crée la monnaie selon l’état biophysique courant ; les PR améliorent cet état et élargissent les capacités de création future.
Précision — Apport du Working Paper
Le Working Paper (Section 4.3) insiste sur le fait que les PR ne sont pas des subventions : c’est de la création monétaire conditionnelle. La monnaie créée n’est pas prélevée sur un budget existant — elle naît de l’amélioration constatée de l’état biophysique. et de la remémoration conditionnelle. Ce mécanisme crée une incitation structurelle à la régénération. Les problèmes de gouvernance (qui certifie, selon quels critères, comment prévenir la fraude) font partie des chantiers de recherche ouverts.
